Publié le 2026-09-06
Un client constate une fissure sur un mur après réception des travaux. Il affirme qu'elle est apparue à cause d'une malfaçon. L'artisan affirme qu'elle préexistait, ou qu'elle résulte d'un mouvement de terrain sans lien avec son intervention. Chacun a sa version. La question qui décide souvent l'issue du litige n'est pas seulement technique, elle est procédurale : qui doit prouver quoi ?
L'article 1353 du Code civil pose la règle de base : celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver, et celui qui se prétend libéré doit justifier le fait qui a produit cette libération. Appliqué à un chantier, cela signifie concrètement que le client qui invoque une malfaçon doit en principe établir son existence et son lien avec les travaux réalisés. Ce principe connaît une exception importante en matière de construction : la garantie décennale (article 1792 du Code civil) fait peser sur le constructeur une présomption de responsabilité pour les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage, une fois ces dommages et leur gravité établis.
Dans les deux cas, prouver ou se défendre suppose de pouvoir répondre à une question de calendrier : cette fissure, cette infiltration, ce défaut, existait-il avant, pendant, ou après l'intervention du professionnel ? Sans repère daté et fiable, chaque partie avance sa propre chronologie, et le juge tranche sur la base des éléments les plus convaincants, souvent des photos, mais dont la date elle-même peut être discutée si rien ne vient l'étayer.
ChronoCert calcule l'empreinte SHA-256 d'un fichier à sa réception, l'horodate via une autorité tierce RFC 3161, et journalise l'opération en chaîne de hachage. Le certificat atteste qu'un fichier précis existait, sous cette forme, à cette date, et n'a pas été modifié depuis. Il n'atteste ni la cause de la fissure, ni la qualité des travaux, ni qui a raison sur le fond. C'est une pièce parmi d'autres, appréciée librement par le juge en vertu de l'article 1358 du Code civil.
L'usage le plus utile n'est pas la photo isolée du jour du litige, mais une pratique régulière : documenter chaque étape clé (avant travaux, en cours, à la réception) au fur et à mesure, avec un horodatage certifié à chaque fois. Une vidéo de l'avancement, ou un commentaire vocal décrivant un point de vigilance au moment où il est constaté, se certifient exactement de la même façon qu'une photo. En cas de désaccord ultérieur, celui qui dispose de cette chronologie complète et vérifiable n'a plus à discuter la date de ses pièces : il peut concentrer le débat sur le fond, là où il doit avoir lieu.
ChronoCert ne décide de rien et ne remplace ni l'expert judiciaire, ni le juge. Il retire simplement un point de friction fréquent dans les litiges de chantier : la contestation de la date d'une photo. Le reste, l'appréciation de la malfaçon, de sa cause et de sa gravité, continue de relever de l'expertise et de la décision judiciaire.