Publié le 2026-09-02
Un géomètre-expert se déplace pour un bornage. Il photographie l'état des lieux : bornes existantes, clôture, haie, limite apparente. Le procès-verbal est rédigé, signé, remis aux parties. Trois ans passent. Un voisin conteste la limite retenue et affirme que la clôture visible sur les photos n'était pas celle qui existait réellement à la date de la visite, ou qu'elle a été modifiée depuis. Le géomètre se retrouve à devoir répondre d'une question qui n'a rien à voir avec sa compétence technique de bornage : ce fichier photo, a-t-il bien été pris à la date indiquée, et n'a-t-il pas été retouché depuis ? C'est cette question précise, et uniquement celle-ci, que ChronoCert permet de documenter.
Le bornage amiable ou judiciaire n'est pas la seule mission où la datation d'une photo peut avoir un intérêt. On retrouve la même problématique dans une division parcellaire, un litige de mitoyenneté, une servitude contestée, ou un état des lieux réalisé avant le démarrage de travaux chez un voisin susceptibles de générer un empiètement. Dans tous ces cas, le point commun est le même : la contestation survient souvent longtemps après la visite de terrain, quand le terrain lui-même a changé (végétation, construction, déplacement d'une borne) et que la mémoire des parties diverge. Disposer d'une trace technique indiquant qu'un fichier précis existait, sous cette forme, à une date donnée, ne remplace pas le rapport du géomètre-expert, mais peut venir en complément si la question de l'intégrité du fichier est soulevée.
Concrètement, à la réception d'un fichier, ChronoCert calcule une empreinte SHA-256, y associe un horodatage RFC 3161, et inscrit l'événement dans un journal en chaîne de hachage où chaque entrée dépend de la précédente. Un certificat est ensuite délivré. Ce mécanisme atteste une chose précise : ce fichier, dans cet état binaire exact, existait à cette date, et n'a pas été modifié depuis sa réception. Il n'atteste pas la véracité de ce qui est représenté sur la photo, ni l'exactitude des métadonnées déclarées (coordonnées GPS, date de prise de vue indiquée par l'appareil), ni l'identité de la personne qui a pris le cliché, ni la régularité des conditions dans lesquelles il a été capturé. La force probante d'un tel élément reste appréciée souverainement par le juge, conformément au principe de liberté de la preuve posé par l'article 1358 du Code civil. ChronoCert s'engage sur la rigueur du procédé de scellement, pas sur l'issue d'un contentieux.
Le bornage relève d'un monopole légal du géomètre-expert, encadré par une responsabilité professionnelle et une déontologie propres à l'Ordre. Rien dans ce que ChronoCert propose ne vient s'y substituer. Le rapport de bornage reste le document du professionnel, engagé par sa signature et son jugement technique. ChronoCert intervient en amont, sur la matière première : les photos de terrain qui viennent appuyer ce rapport. C'est une couche technique sur les pièces justificatives, pas un avis sur le fond de la mission. Le géomètre-expert garde l'entière maîtrise de son analyse ; l'outil se contente de documenter, de façon datée et vérifiable, l'existence non altérée d'un fichier depuis sa réception.
Le principe reste simple : une photo prise lors d'une visite est transmise à ChronoCert à réception (peu après la prise de vue), horodatée, scellée, et donne lieu à un certificat comprenant un QR code. Ce certificat renvoie vers une page de vérification publique permettant à un tiers (avocat adverse, notaire, assureur, juge) de constater que le fichier n'a pas été modifié depuis la date indiquée, sans avoir besoin d'un compte ChronoCert ni d'un accès particulier. Cette étape ne remplace ni le matériel de mesure du géomètre, ni son logiciel métier, ni la rédaction de son procès-verbal : elle s'ajoute, en parallèle, sur les photos qui accompagnent le dossier.
Pour une profession dont les rapports peuvent être remis en cause plusieurs années après la mission, disposer d'un ancrage technique daté sur les photos de terrain est un complément à faible effort d'intégration. Ce n'est ni une assurance de résultat en cas de litige, ni une validation de ce que montre l'image : c'est une trace vérifiable de l'état d'un fichier à un instant donné, que le géomètre-expert peut choisir de joindre à son dossier, en toute connaissance de ce qu'elle démontre, et de ce qu'elle ne démontre pas.