Publié le 2026-09-08
Un dossier de sinistre ou de litige contient une photo de dommages. Elle semble parfaitement normale : bon éclairage, bon cadrage, cohérente avec le récit. Sauf qu'elle a été générée ou retouchée par une IA, et que personne ne peut le voir à l'œil nu. Ce scénario, qui relevait de la science-fiction il y a peu, est aujourd'hui accessible avec des outils grand public. C'est un problème nouveau, et il ne va pas se résorber tout seul.
Les outils de génération et de retouche d'image par IA sont devenus accessibles à quiconque, sans compétence technique particulière. La vidéo et la voix ne sont pas épargnées : le clonage vocal et la vidéo générée ou manipulée posent exactement le même défi. Des secteurs entiers qui reposent sur la preuve terrain (assurance, BTP, immobilier, justice) commencent à devoir intégrer ce risque dans leur appréciation des dossiers, quel que soit le type de fichier.
ChronoCert calcule l'empreinte SHA-256 d'un fichier à sa réception, photo, vidéo ou audio, et l'horodate. Ce mécanisme prouve qu'un fichier précis n'a pas été modifié depuis cette date. Il ne peut pas déterminer si le contenu a été généré ou manipulé par une IA avant sa réception. Un faux parfaitement fabriqué, puis certifié, reste un faux certifié : intact depuis sa réception, mais faux depuis l'origine. Aucun outil de scellement, quel qu'il soit, ne résout ce problème par la seule cryptographie.
La certification n'empêche pas la fabrication d'un faux, mais elle réduit fortement l'opportunité de le faire a posteriori. Si la photo, la vidéo ou l'enregistrement audio est transmis et scellé au moment de la capture, sur le terrain, il faudrait avoir fabriqué le faux avant même de savoir précisément ce qu'il fallait représenter. Ce n'est pas une preuve d'authenticité du contenu, c'est une réduction pratique de la fenêtre d'attaque : plus la certification intervient tôt, moins il reste de temps pour substituer un faux à un vrai.
Les métadonnées de capture et la rapidité de transmission renforcent la crédibilité globale d'un dossier, sans constituer à elles seules une preuve d'authenticité. C'est la combinaison de plusieurs signaux, appréciée par un expert ou un juge, qui permet de se forger une conviction, pas un seul mécanisme technique.
ChronoCert ne prétend pas, et ne prétendra jamais, détecter un deepfake, qu'il soit visuel ou vocal. Face à ce risque grandissant, la meilleure pratique reste la certification au plus près de la capture, pas après coup. C'est une réduction de risque, pas une élimination.